Arguments en faveur de l’initiative

Argumentaire
Avis de droit de la FSP/VSA (PDF en allemand)
Trinkwasserinitiative: Fakten und Hintergründe, 16. September 2019 (PDF en allemand)

La mise en oeuvre de l’initiative n’est pas une utopie puisqu’elle est déjà une réalité mise en pratique dans certaines exploitations agricoles
Le savoir-faire permettant une agriculture sans pesticides ni engrais minéraux phosphatés (engrais chimiques) ni antibiotiques, et préservant la biodiversité, est déjà appliqué avec succès en Suisse par de nombreuses exploitations agricoles. Ces connaissances seront soutenues et développées plus amplement par l’initiative, dans le but de généraliser une agriculture durable saine.

L’initiative protège et promeut la santé de la population en soutenant les agriculteurs respectueux de l’environnement de façon plus efficace qu’aujourd’hui. Les substances utilisées dans l’agriculture, comme les pesticides, les médicaments vétérinaires et les quantités excessives d’engrais endommagent l’environnement, affectent l’eau potable et mettent en danger la santé de la population. Les deniers publics, investis selon l’initiative dans une production agricole saine et sans pesticides, seront plus efficacement utilisés parce qu’ils endigueront les dommages environnementaux et favoriseront la santé de la population. Rien qu’entre 2005 et 2017, 138 substances actives auparavant autorisées ont été retirées du marché en Suisse. Certaines d’entre elles avaient causé des atteintes à la santé et à l’environnement.

Les antibiotiques sont des médicaments et ne doivent être utilisés qu’en tant que tels. Un veau qui grandit auprès de sa mère a des conditions favorables à une vie saine et n’a pas besoin de traitement antibiotique prophylactique. Les exploitations agricoles utilisant des antibiotiques en usage prophylactique dans l’élevage du bétail ainsi qu’en emploi régulier dans leur système de production seront exclus des subventions directes après l’adoption de l’initiative. Lorsque le bien-être des animaux est respecté, moins d’antibiotiques sont nécessaires et une administration prophylactique de ces substances est complètement inutile. Les exploitations faisant un usage prophylactique d’antibiotiques et dont les paiements directs seront supprimés, seront ainsi indirectement encouragées, sans grands frais, à adopter d’autres pratiques d’élevage.

L’initiative favorise le bien-être des animaux et réduit ainsi l’utilisation d’antibiotiques et l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques
La Commission des experts fédéraux pour la biosécurité a déclaré les bactéries résistantes aux antibiotiques comme étant «la plus grande menace biologique pour la santé publique en Suisse». Un élevage respectueux des animaux qui réduit fortement l’utilisation d’antibiotiques et minimise le développement de bactéries résistantes, a donc un lien direct avec la santé humaine. C’est là qu’intervient l’initiative.

Cas dans lesquels les antibiotiques peuvent continuer à être utilisés.
Les exploitations agricoles voulant continuer de recevoir des paiements directs, doivent utiliser les antibiotiques uniquement à des fins thérapeutiques. L’initiative concrétisera ainsi, selon une logique libérale, une ancienne exigence demandant la mise en oeuvre d’une agriculture durable.

Terme «Système de production»
Le terme de système de production rejoint celui de l’art. 75 de la Loi sur l’agriculture (LAgr).
Il décrit aussi bien les formes et les conditions de détention que la gestion de l’exploitation, en particulier la gestion de troupeau en ce qui concerne les acquisitions, les transports et l’affouragement.

Terme «Régulièrement»
L’administration d’antibiotiques est à considérer comme régulière quand elle est faite de façon répétitive ou significativement plus souvent que la norme en rapport avec une tâche de la gestion d’exploitation (par ex. dans la mise à l’étable d’animaux dans des entreprises d’engraissement) ou globalement beaucoup plus fréquemment que la norme d’exploitations comparables.

Système de production nécessitant l’administration régulière d’antibiotiques
L’incidence des maladies dépend dans une large mesure des conditions de détention et de la gestion de l’exploitation et du troupeau.
Par exemple de mauvaises conditions dans les étables, une hygiène inadéquate, une modification de l’alimentation avec des facteurs de stress comme les transports et la composition de nouveaux troupeaux avec des animaux de différente provenance, affaiblissent et surchargent la défense immunitaire des animaux. Si l’utilisation régulière d’antibiotiques pour des animaux malades est due à des déficiences du système de production, alors aucun paiement direct ne devrait plus être versé.
Même dans de bonnes conditions de détention, des animaux isolés, des groupes d’animaux ou un cheptel entier peuvent tomber malades. Un traitement dans un cas particulier, même avec des antibiotiques, dans la mesure où il s’agit d’une pathologie d’origine bactérienne, est justifié et également exigé par l’art. 5 al. 2 de l’Ordonnance sur la protection des animaux (OPAn).

L’initiative est orientée vers l’avenir, car elle favorisera des techniques de production favorables à l’environnement. Ces techniques existent déjà aujourd’hui, mais elles sont rendues peu compétitives en raison de facteurs dissuasifs soutenus par l’Etat. L’initiative profitera à l’environnement, à l’eau potable indispensable à la vie et à l’avenir de l’agriculture suisse dont les produits ont un grand impact sur notre santé. De plus, elle encouragera une production respectueuse de la nature et indépendante de l’étranger pour son approvisionnement en fourrage.

L’initiative soutient une agriculture productive, axée sur le marché car elle mettra fin aux milliards de subventions annuelles ayant contribué jusqu’ici à financer une surproduction nuisible à l’environnement, faussant le marché et menant à une baisse constante des prix payés aux agriculteurs. Pour que les exploitations agricoles puissent s’adapter au changement, l’initiative propose une longue période de transition de 8 ans. Nous considérons l’agriculture biologique et biodynamique comme une solution pour l’avenir.

L’initiative est contemporaine et économique, car elle offre des conditions optimales pour une croissance rapide du marché. En Europe, la demande de denrées alimentaires produites écologiquement sans pesticides a augmenté de 5000% depuis 1990. Aujourd’hui, la Suisse ne peut pas couvrir la demande en produits biologiques de sa population en raison d’un faible nombre de producteurs écologiques. Elle est ainsi dépendante des importations pour couvrir ses besoins.

L’initiative encourage la recherche, du conseil et une formation tournés vers l’avenir. Une grande partie des deniers de l’Etat vont aujourd’hui à la recherche afin d’étudier les dommages causés par les substances toxiques et l’utilisation excessive d’engrais dans l’agriculture. Lorsque des problèmes importants émergent, ils sont examinés et traités de manière à limiter les dégâts. L’État ne met aujourd’hui en revanche que très peu de moyens à disposition de la vulgarisation et de la recherche encourageant une agriculture rurale ne dépendant pas de substances toxiques. L’initiative offre ainsi à l’agriculture suisse une grande chance puisque la demande de produits alimentaires biologiques, sans antibiotiques et pesticides, augmente de manière exponentielle.

Avec l’acceptation de l’initiative, l’Etat sera obligé de cibler recherche agricole, vulgarisation et formation, sur une production alimentaire se passant de plus en plus de l’utilisation de pesticides et d’antibiotiques prophylactiques. Cette production agricole sera basée sur l’utilisation de ses propres ressources.

Pesticide ne correspond pas à produits phytosanitaires
L’initiative utilise le terme « pesticide » selon le Plan de réduction des pesticides en Suisse et non pas le terme « produit phytosanitaire » souvent utilisé dans les documents officiels. Contrairement au terme produit phytosanitaire, le terme pesticide exclut les substances non toxiques qui ne posent aucun problème aux humains et à la nature.

L’initiative affectera toutes les exploitations agricoles qui utilisent des substances chimiques de synthèse. Les moyens figurant sur la liste de l’Institut de recherche en agriculture biologique (FiBL) ne sont pas affectés par l’initiative. L’initiative accorde une période de transition de 8 ans à partir de l’adoption de l’initiative.

Selon le FiBL et Vision Landwirtschaft, les pesticides naturels, qui figurent également sur la liste noire de Greenpeace (cuivre, pyréthrine, spinosine et huile de paraffine), pourront dans les prochaines 10 – 20 ans être remplacés, par exemple grâce à des variétés résistantes, par des techniques de culture améliorées, ou même seront substitués par des substances qui ne posent aucun problème pour l’homme et l’environnement.

L’initiative soutient, de manière significative, le remplacement de ces substances problématiques, car elle exige que la recherche agricole, la vulgarisation et la formation ainsi que les subventions d’investissement ne soient soutenus par des fonds fédéraux que s’ils contribuent à une agriculture durable, sans pesticides et produisant à partir de ses propres ressources.

L’initiative favorise une économie circulaire, écologique et énergétiquement efficacedans laquelle les exploitations agricoles qui participent à un «tourisme du fourrage» d’une ampleur gigantesque ne recevront plus de paiements directs. En outre, les exploitations agricoles d’une région peuvent et doivent échanger et partager le fourrage et le fumier et former des communautés agricoles.

Fertilisants oui, mais avec modération!
L’engrais vert, le fumier et le lisier sont des engrais naturels. Ils sont donc la condition d’une production agricole efficace s’ils ne sont pas chargés en antibiotiques ni produits en excès, car la surabondance de lisier est devenue, dans l’agriculture suisse, un vrai problème. Un cheptel suisse pléthorique a pour conséquence une production record de lisier et d’émissions d’ammoniac affectant les eaux et engendrant de nombreux dégâts environnementaux. La réorientation des subventions ne soutiendra que les exploitations possédant le bétail qu’elles peuvent nourrir avec le fourrage de leurs terres.

L’initiative favorise la sécurité alimentaire. Une agriculture douce, orientée vers l’écologie et la durabilité est la meilleure garantie de sols fertiles. Actuellement, la production intensive altère les sols, l’eau ainsi que le potentiel de production en temps de crise. L’agriculture suisse est devenue si fortement tributaire des importations de l’étranger telles que fourrage, pesticides, engrais, pétrole, etc. qu’elle s’effondrerait à la moindre fermeture des frontières – l’opposé d’une sécurité alimentaire.

L’initiative réduit la dépendance de l’agriculture suisse face à l’étranger. L’agriculture suisse importe aujourd’hui de l’étranger deux calories sous forme de pétrole pour produire une seule calorie alimentaire. Il existe aussi une grande dépendance de la production alimentaire suisse vis-à-vis de l’étranger pour l’acquisition d’engrais, de pesticides et de médicaments vétérinaires. Le versement des paiements directs seulement aux exploitations avec un mode de production écologique n’utilisant pas de pesticides et n’important pas de fourrages, permettra de réduire massivement la dépendance de l’agriculture suisse envers l’étranger.
De plus, le gaspillage de nourriture représentant aujourd’hui 30% des aliments produits, nous pouvons nous permettre une agriculture moins intensive et nous ne devrions plus devoir importer des denrées alimentaires. Pour produire les calories gaspillées, environ 350’000 hectares de terres arables sont nécessaires, bien plus que la surface cultivable à notre disposition en Suisse.

L’initiative promeut une production alimentaire efficace
Un autre exemple d’une agriculture extrêmement inefficace et fortement dépendante d’autres pays est la production laitière, de plus en plus intensive, avec une utilisation croissante d’aliments concentrés. Contrairement à l’herbe, que la vache transforme très efficacement en lait, la vache n’utilise qu’une très petite partie de l’alimentation concentrée pour la transformer en lait et donc en nourriture. Rien qu’avec ces aliments concentrés utilisés en Suisse pour nourrir les vaches laitières, la nourriture de 2 millions de personnes est détruite chaque année. La Suisse dispose de conditions optimales pour une production de lait basée sur l’herbe, et pourrait produire suffisamment de lait pour répondre à la demande intérieure sans importations d’aliments concentrés. En se passant d’aliments concentrés importés, ce qui est une condition préalable à la préservation future de l’espèce, un quart de la population suisse pourrait être nourri en plus.

Bitte teilen: