Questions fréquemment posées

Pour l’approvisionnement en eau potable de la Suisse, la situation est alarmante car la production d’eau alimentaire proche de la nature, qui est aujourd’hui la norme et nous permet de produire 70% de l’eau potable de Suisse naturelle et sans traitement, est fortement menacée par:

  • l’utilisation excessive de pesticides,
  • les émissions excessives d’ammoniac provenant de l’élevage animal et dues aux importations record d’aliments pour animaux,
  • l’utilisation d’antibiotiques dans des élevages trop intensifs

de l’agriculture industrielle.

Pesticides dans les eaux et dans l’eau potable

On mesure jusqu’à 128 pesticides dans les cours d’eau – dans certains cas au-dessus de la valeur limite de 0,1 µg/l. Une station de mesure de l’eau potable sur cinq présente des teneurs de pesticides et de leurs produits de dégradation supérieures aux valeurs limites. Dans les régions de culture intensive, les concentrations dépassent même ces valeurs limites dans 70% des stations de mesure.

Au lieu de protéger l’eau et ainsi d’appliquer la loi sur la protection des eaux, la Confédération veut encore augmenter la valeur limite pour la plupart des pesticides dans les eaux de surface! Concernant le glyphosate la valeur limite devrait être augmentée de 3600 fois en passant de 0,1 à 360 microgrammes par litre. Selon les dernières informations de Rundschau (télévision suisse alémanique), cette valeur limite serait pour le moment „seulement“ multipliée par 100. Tel est le „caractère scientifique“ des nouvelles valeurs limites des pesticides. Nous connaîtrons ces prochains mois quelles valeurs limites s’appliqueront réellement.

Cette décision de la Confédération viole le principe de précaution, qui devait s’assurer que des pesticides utilisés conformément aux prescriptions n’ont pas d’effets secondaires inacceptables sur la santé de l’être humain et des animaux ni sur l’environnement. Malgré le principe de précaution, ce sont 138 substances actives pour des pesticides autrefois autorisées, qui ont été retirées du marché entre 2005 et 2017 en Suisse – en partie en raison de dommages prouvés sur la santé et l’environnement.

Le dernier exemple est l’insecticide qui figurera bientôt, espérons-le, sur la liste des pesticides retirés: le chlorpyrifos. Ce dernier a un effet négatif sur le développement du cerveau et l’intelligence des enfants et des fœtus, mais il est pourtant présent sur le marché suisse depuis 12 ans! En savoir plus

Pour l’approvisionnement en eau potable de la Suisse, la situation est alarmante car la production d’eau alimentaire proche de la nature, qui est aujourd’hui la norme et nous permet de produire 70% de l’eau potable de Suisse naturelle et sans traitement, est fortement menacée par les émissions polluantes de l’agriculture industrielle.

Trop de lisier et d’ammoniac en raison des importations de fourrage La Suisse importe chaque année 1,2 millions de tonnes de fourrages pour nourrir les effectifs excédentaires des animaux de rente. La plus grande partie de ces fourrages vient d’Amérique du Sud. Couvrir ces besoins requiert autant des terres arables à l’étranger (nécessitant le défrichement de forêts vierges) que celles dont nous disposons chez nous! 50% de la viande suisse et 70% des œufs suisses et des poulets sont produits avec ces importations d’aliments pour animaux. Il en résulte d’importants excédents d’éléments nutritifs de fumure et d’ammoniac.

Avec son élevage intensif, la Suisse est le deuxième plus grand émetteur d’ammoniac par surface en Europe après les Pays-Bas, ce qui enfreint le droit suisse de l’environnement ainsi que des accords internationaux. 95% des émissions d’ammoniac de toute la Suisse proviennent de l’agriculture – dont 90% de l’élevage. En Suisse, l’agriculture engendre deux fois plus que les transports, l’industrie et les ménages réunis sur l’ensemble des apports d’azote atmosphériques. Le gaz azoté ammoniac entraîne l’acidification et la surfertilisation des eaux, des sols, des forêts, détruit la biodiversité, nuit au climat, pollue les poumons humains avec des poussières fines et conduit à des concentrations excessives de nitrates dans de nombreux captages d’eau potable. Le nitrate est considéré comme cancérogène.

Antibiotiques:

En plus des importations de fourrage, l’élevage intensif en Suisse est également dépendant des antibiotiques depuis des décennies. Près de 17 millions d’animaux de rente vivent en permanence en Suisse. On les voit dans les publicités la plupart du temps isolés ou en jolis petits troupeaux dehors dans de vastes paysages. L’image idyllique servie aux consommateurs et consommatrices n’a souvent rien à voir avec la réalité! La plupart des animaux de rente sont maintenus dans des usines à animaux. On exige de ces animaux des prestations qui vont à l’encontre de leur nature. Une telle production intensive n’est pas possible sans antibiotiques.

Les tonnes d’antibiotiques utilisées atteignent les champs via le lisier et le fumier, et de là le cycle de l’eau. Cela favorise le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques. La Commission des experts fédéraux pour la biosécurité a déclaré ces bactéries comme étant «la plus grande menace biologique pour la santé publique en Suisse». Lorsque de moins en moins d’antibiotiques efficaces sont disponibles, la médecine humaine ne peut plus non plus traiter les infections sévères ou effectuer des transplantations, des chimiothérapies ou des interventions chirurgicales. Cela nous ramènerait 100 ans en arrière, à l’époque où les antibiotiques n’étaient pas encore disponibles. Ces bactéries se propagent par l’eau, la nourriture, l’air et également par l’eau potable.

Pourtant, les antibiotiques sont encore autorisées à titre prophylactique dans l’élevage en Suisse. Même des antibiotiques de réserve sont employés. En savoir plus

Non. L’agriculture suisse est aujourd’hui devenue tellement dépendante des importations venant de l’étranger concernant des ressources comme des aliments pour animaux, des pesticides, des antibiotiques, du pétrole etc. qu’elle s’effondrerait en cas de fermeture des frontières – à l’opposé de la sécurité alimentaire.

Pour produire une calorie alimentaire, l’agriculture suisse importe aujourd’hui deux calories! Une réorientation conséquente des subventions de l’État vers une production alimentaire sans pesticides, respectueuse de l’eau potable, à partir de nos propres ressources, réduira massivement la dépendance de l’agriculture suisse vis-à-vis de l’étranger.

Une culture plus respectueuse de l’environnement est la meilleure protection pour préserver la fertilité des sols, la biodiversité et la qualité et l’eau, et agir contre le changement climatique. La production actuelle souvent trop intensive, optimisée uniquement en fonction des hautes performances, endommage les sols, l’eau, la biodiversité et le climat, et par là même la production de denrées alimentaires pour le futur. L’initiative soutient la restauration de sols sains à haute résilience et avec une capacité à la rétention d’eau, qui représentent le fondement et la meilleure assurance pour notre sécurité alimentaire.

Nous pouvons de plus réduire fortement notre dépendance à l’étranger aujourd’hui déjà, en mettant fin au gaspillage inutile de denrées alimentaires (30 à 50 %). Avec moins de food waste, nous compensons en même temps les possibles diminutions de récolte qui peuvent apparaître avec une culture sans pesticides.

L’initiative utilise le terme « pesticide » et non pas le terme « produit phytosanitaire » souvent utilisé dans les documents officiels. Les pesticides chimiques synthétiques sont touchés par l’initiative. Les moyens figurant sur la liste de l’Institut de recherche en agriculture biologique (FiBL) ne sont pas affectés par l’initiative.

Car le texte de l’initiative est formulé comme suit: «…. des effectifs d’animaux pouvant être nourris avec le fourrage produit dans l’exploitation ». Cela ne signifie pas dans l’usage courant que les animaux doivent être nourris avec le fourrage produit sur l’exploitation même, mais que – en théorie – cela doit être possible de produire le fourrage sur l’exploitation même. Le texte aurait sinon été rédigé avec «étant nourris» . D’après cette formulation, il est donc toujours possible de vendre et d’acheter des aliments pour animaux au niveau régional.

Rien qu’entre le 1er janvier 2005 et le 1er janvier 2019, 145 substances actives de pesticides autrefois autorisées ont été retirées du marché en Suisse. Pour certaines d’entre elles à cause de dommages à la santé ou à l’environnement, qui sont aujourd’hui supportés par la population.

Le dernier exemple est l’insecticide qui figurera bientôt, espérons-le, sur la liste des pesticides retirés: le chlorpyrifos. Ce dernier a un effet négatif sur le développement du cerveau et l’intelligence des enfants et des fœtus, mais cela fait 12 ans qu’il est sur le marché suisse.

Autre exemple: le glyphosate est mondialement très controversé, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le considère comme «probablement cancérogène». Une nouvelle étude confirme: «Le glyphosate perturbe la flore intestinale des abeilles« . Monsanto a aussi breveté le glyphosate comme antibiotique dans les années 1970. Le glyphosate est donc connu comme substance qui agit comme un antibiotique et non seulement contre les bactéries, mais aussi contre les champignons. La biologiste Brigitta Kurenbach de l’université de Canterbury en Nouvelle-Zélande a déterminé que des bactéries peuvent développer des résistances à cause du glyphosate. Le Conseil fédéral étudie maintenant la possibilité de renoncer au glyphosate.

Avec l’initiative, nous voulons mettre fin à de telles situations inacceptables. Des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices produisent déjà depuis des décennies des aliments conformément à l’initiative pour une eau potable propre – sans pesticides chimiques de synthèse toxiques – et nous montrent la voie du futur.

Ce ne sont pas les prix à la production qui sont responsables des prix élevés des denrées alimentaires en Suisse, mais les fortes marges des grands distributeurs. L’initiative n’a aucune influence sur ces marges des grands distributeurs. Une production sans pesticides rend les denrées alimentaires plus saines, et non plus chères.

Et si l’agriculture conventionnelle devait payer les dommages consécutifs à sa production, qui selon les calculs d’Avenir Suisse s’élèvent à CHF 7,9 milliards par an, ses produits seraient beaucoup plus chers que ceux produits de manière durable.

Ce sont ces faits qui devraient être montrés à la population au lieu de menacer de hausses des prix et de compliquer, voire de bloquer, une évolution vers une production alimentaire plus durable.

L’initiative n’interdit aucune forme de production. Elle lie les paiements directs aux prestations écologiques durables. De plus en découlent de nouvelles possibilités et perspectives: de nombreux agriculteurs saisiront l’opportunité de se différencier des produits importés grâce à la production Swissness, qui est favorisée par l’initiative.

Les modifications que l’initiative souhaite apporter permettront aux agriculteurs de réaliser la transition de l’agriculture suisse attendue depuis longtemps. Elles améliorent en même temps la qualité du sol, de l’eau et de l’air qui sont les bases vitales de notre existence, et les protègent aussi à long terme. Sur cette base, nous disposerons ainsi d’aliments sains et sans pesticides, et d’eau potable propre.

L’initiative devrait stimuler la place économique suisse sur plusieurs marchés prometteurs et en expansion. Il en résulte des avantages et une importante avancée par rapport à la concurrence internationale. Car l’initiative engage la Confédération

  • à orienter la recherche, la vulgarisation et la formation agricoles, ainsi que les aides à l’investissement, vers une production alimentaire qui se passe de plus en plus de pesticides et d’antibiotiques prophylactiques
  • à soutenir les exploitations qui produisent de manière efficace et durable à partir de leurs propres ressources.
Cela conduit à plus de recherche et de développement en faveur d’une production respectueuse de l’environnement, de la sélection de variétés résistantes, d’une production de qualité et des aliments plus naturels, d’une meilleure image pour l’agriculture suisse et de la Suisse comme place scientifique.

Aujourd’hui déjà, avec des milliards de subventions, l’agriculture n’atteint pas ses objectifs environnementaux et enfreint les lois en vigueur sur la protection des eaux et de l’environnement. Les lois existantes doivent être respectées avec ou sans versement de subventions. L’agriculture doit donc être plus respectueuse de l’environnement déjà par la seule loi. Les plans d’action élaborés et les projets de la Confédération, comme par exemple le «Plan d’action Produits phytosanitaires», la «Stratégie nationale Antibiorésistance» et la «Stratégie Biodiversité Suisse de plan d’action», concernent toutes les exploitations agricoles, qu’elles bénéficient (ou souhaitent bénéficier) ou non des paiements directs.

Comparée à l’agriculture européenne, qui est déjà l’une des plus intensives au monde, l’agriculture suisse a déjà une intensité de production extrêmement élevée. Une intensité supplémentaire (utilisation accrue d’aliments concentrés et de pesticides, une plus grande charge en bétail, des antibiotiques prophylactiques etc.) ne serait pas compatible avec la législation environnementale existante.

Au lieu d’enfin protéger l’eau et d’appliquer ainsi la loi sur la protection des eaux, la Confédération veut encore augmenter la valeur limite pour la plupart des pesticides dans les eaux de surface. Concernant le glyphosate, la valeur limite devait d’abord être augmentée de 3600 fois en passant de 0,1 à 360 microgrammes par litre. Selon les dernières informations de Rundschau (télévision suisse alémanique), cette valeur limite serait pour le moment „seulement“ multipliée par 100 – tel est le „caractère scientifique“ des nouvelles valeurs limites des pesticides. Nous saurons définitivement cette année quelle valeur sera appliquée.

Ces augmentations prévues des valeurs limites sont une carte blanche donnée à l’agriculture pour utiliser encore plus de pesticides et violer ainsi le principe de précaution.

En Suisse comme à l’étranger, nous pouvons renoncer à l’utilisation de pesticides. Des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices produisent déjà depuis des décennies des aliments conformément à l’initiative pour une eau potable propre – sans pesticides chimiques de synthèse toxiques – et nous montrent la voie du futur. En 2017, l’initiative pour la sécurité alimentaire de l’Union suisse des paysans a ancré dans la Constitution, que les relations commerciales doivent désormais être durables. Avec l’importation de denrées alimentaires produites de manière durable, la Suisse exerce désormais une influence majeure sur la production à l’étranger. Elle peut ainsi contribuer à une réduction de l’utilisation des pesticides bien au-delà des frontières suisses. Et les commerces comme les consommateurs ont toujours eu les cartes en main pour veiller à ce que les aliments importés proviennent aussi d’une production durable.

L’auto-approvisionnement de la Suisse en aliments pour animaux semble élevé avec 85 %. Toutefois, ce calcul ne se base que sur le poids. La valeur nutritionnelle est plus pertinente. Les 15 % d’aliments importés (soja et céréales) ont une telle valeur nutrititive qu’ils permettent de produire 50 % de la viande suisse et 70 % des oeufs suisses.

En raison de la pollution engendrée par trop de lisier, les lacs de Baldegg, Hallwil, Sempach et Greifensee sont aérés artificiellement déjà depuis des décennies avec l’argent du contribuable (Article Tagblatt).

Non. L’initiative réclame plutôt que les antibiotiques ne soient utilisés dans l’élevage des animaux de rente que lorsqu’une maladie survient réellement, et non plus à titre prophylactique et sur tous les animaux en même temps comme auparavant. Les modifications nécessaires dans les élevages sont déjà mises en œuvre depuis longtemps dans de nombreuses exploitations.

Des bactéries multirésistances se sont formées par l’usage excessif d’antibiotiques pendant des décennies. Ces bactéries se propagent par les eaux, mais aussi à travers la nourriture,  l’eau potable et même l’air.

En 2014, la Commission des experts fédéraux pour la biosécurité a déclaré ces bactéries résistantes aux antibiotiques comme étant « la plus grande menace biologique pour la santé publique en Suisse ». Si nous n’agissons pas, nous risquons de retrouver les conditions de la médecine comme il y a 100 ans en arrière, quand la pénicilline n’avait pas encore été découverte.

Des infections sévères, des chimiothérapies, des transplantations ou d’autres interventions chirurgicales ne pourront être encore traitées qu’à la seule condition que des antibiotiques efficaces restent disponibles. L’initiative y contribue de manière importante.

Non. L’utilisation prophylactique d’antibiotiques continue d’être autorisée et pratiquée. Depuis le 01.04.2016, la seule règle qui a changé est que les antibiotiques prophylactiques ne peuvent plus être remises à titre de stocks (Art. 11 Ordonnance sur les médicaments vétérinaires).

Au contraire: l’initiative devrait stimuler la place économique suisse sur plusieurs marchés prometteurs et en expansion. Il en résulte des avantages et une importante avancée par rapport à la concurrence internationale. Car l’initiative engage la Confédération

  • à orienter la recherche, la vulgarisation et la formation agricoles, ainsi que les aides à l’investissement, vers une production alimentaire qui se passe de plus en plus de pesticides et d’antibiotiques prophylactiques
  • à soutenir les exploitations qui produisent de manière efficace et durable à partir de leurs propres ressources.
Cela conduit à plus de recherche et de développement en faveur d’une production respectueuse de l’environnement, de la sélection de variétés résistantes, d’une production de qualité et des aliments plus naturels, d’une meilleure image pour l’agriculture suisse et de la Suisse comme place scientifique.

La plus grande quantité de pesticides, à savoir 85 à 90%, est pulvérisée par les agriculteurs et les agricultrices. Le reste est employé dans les domaines des transports et des zones urbanisées. Ceux-ci ne sont pas subventionnés par la Confédération et n’entrent pas dans le champ de l’initiative.

Cela bouge aussi beaucoup en ce moment au niveau politique concernant l’utilisation privée des pesticides. En mars 2018, la conseillère nationale Maya Graf a demandé dans une motion que les utilisateurs amateurs ne soient plus autorisés à employer des produits phytosanitaires chimiques de synthèse. Il faut espérer que le Parlement mettra en œuvre cette interdiction. Les commerces pourraient aussi interdire volontairement tous les pesticides de leurs rayons dès aujourd’hui.

Nous ne pouvons malheureusement pas résoudre tous les problèmes du monde avec une seule initiative. Mais avec notre initiative, nous pouvons faire en sorte que des milliards de subventions ne soient plus investis dans une production alimentaire qui pollue nos eaux et notre eau potable.

Plus de 30’000 produits chimiques: c’est l’estimation de l’office fédéral de l’environnement (OFEV) du nombre de produits utilisés par l’industrie et le commerce dans l’agriculture et les produits de consommation.

Cependant personne ne sait combien de substances chimiques sont utilisées aujourd’hui en Suisse. Grand nombre de ces substances se retrouvent après utilisation comme micropolluants dans nos rivières et nos lacs. En 2016, la Confédération a pris des mesures et modernisé les plus importantes stations d’épuration des eaux usées avec une nouvelle étape de traitement contre les micropolluants.

L’agriculture ne peut pas être raccordée aux stations d’épuration des eaux usées. Ces milliards d’investissement n’ont donc aucun effet sur l’utilisation de pesticides, d’antibiotiques et d’engrais dans l’agriculture. Une raison de plus pour imposer à l’agriculture d’honorer ses obligations. Après tout, le contribuable soutient l’agriculture avec la somme considérable de 3 milliards de francs par année.

Les CFF se sont fixés l’objectif de renoncer à l’utilisation du glyphosate d’ici 2025. D’après les chiffres de la Confédération, la quantité de glyphosate vendue en Suisse en 2016 s’élève à 203,9 tonnes. Les CFF consomment environ 2 à 3 tonnes de glyphosate par an selon leurs chiffres.

Oui. Les études aussi bien que la pratique montrent qu’une agriculture écologique peut produire assez pour nourrir le monde. L’agriculture suisse est en revanche loin de cet idéal, alors que selon sa Constitution, elle devrait promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement. Les contribuables paient des milliards de dollars chaque année à cette fin. Il y a trois points principaux pour lesquels l’agriculture locale n’est pas performante en comparaison internationale:

Dans le cas d’utilisation excessive de pesticides, d’émissions d’ammoniac provenant de l’élevage en raison d’importations records d’aliments pour animaux, ainsi que d’utilisation d’antibiotiques dans un élevage trop intensif. Ces trois problèmes affectent directement ou indirectement l’eau potable. Ils nuisent en même temps à la biodiversité, à de nombreux écosystèmes, au climat et à notre santé.

De nombreuses exploitations agricoles suisses prouvent aujourd’hui déjà tous les jours qu’une production alimentaire durable marche bien à grande comme à petite échelle. La conversion à l’agriculture biologique peut conduire à un système alimentaire global durable quand elle est associée à d’autres mesures.

Il faudra ainsi réduire la consommation élevée de produits d’origine animale à fort impact sur l’environnement à un niveau respectueux de l’environnement, et réduire considérablement le gaspillage alimentaire (food waste) actuellement extrêmement élevé. En combinant ces mesures, une agriculture respectueuse de l’environnement peut largement diminuer la dépendance de la Suisse vis-à-vis de l’étranger, et améliorer considérablement la sécurité alimentaire. Cela correspondrait également aux recommandations nutritionnelles actuelles de la Confédération et serait conforme à l’initiative pour la sécurité alimentaire acceptée par près de 80% de la population.

Le production suisse actuelle de viande, de lait et d’œufs est fortement dépendante de l’étranger. Chaque année, la Suisse importe 1,2 millions de tonnes de fourrage, pour nourrir l’effectif trop important d’animaux de rente. 50% de la viande suisse et 70% des œufs et des poulets suisses sont produits avec ces importations de fourrage. La plupart des importations de fourrage proviennent d’Amérique du Sud. Produire ces quantités de céréales fourragères et de soja fourrager nécessite autant de terres cultivables à l’étranger que la Suisse n’en a sur son territoire. Notre agriculture dégénère donc toujours plus en une production animale industrielle hors-sol. Ces importations de fourrage conduisent à des excédents élevés d’éléments nutritifs sous forme de fumier et d’ammoniac. Ces éléments nutritifs font défaut dans les pays producteurs de fourrage, et par conséquent à l’étranger de grandes quantités d’engrais chimiques doivent être fournies au sol pendant que nous ne savons plus où mettre du lisier en Suisse.

Avec ses effectifs trop élevés d’animaux de rente, la Suisse est le deuxième plus grand émetteur d’ammoniac par surface en Europe. Ces émissions sont presque deux fois plus hautes que ce qui est autorisé: 48 000 tonnes au lieu de 25 000 tonnes. L’ammoniac acidifie et surfertilise les sols, les forêts et les eaux. C’est néfaste pour la biodiversité autant que pour le climat, cela charge les poumons des hommes avec des poussières fines et cela conduit à des concentrations excessives de nitrates dans l’eau potable. 95% des émissions d’ammoniac de toute la Suisse proviennent de l’agriculture – dont 90% de l’élevage.

Les exploitations agricoles devraient à nouveau produire elles-mêmes le fourrage pour leurs animaux, ou échanger et utiliser en commun du fourrage et des engrais de ferme de la région. Quand un animal vit là où pousse sa nourriture, le cycle des éléments nutritifs est fermé. Ce qui porte la croix suisse, doit provenir de Suisse. Pour le bien des hommes et des animaux.

Les usines d’engraissement qui dépendent d’importations d’aliments pour animaux, causent d’immenses dommages à l’environnement et à la santé. Le plus grand problème des importations démesurées de fourrage de l’agriculture suisse vient du fait que les animaux ne sont plus élevés là où pousse leur alimentation, et que les cycles des éléments nutritifs sont donc interrompus.

En Suisse, les fourrages d’importation entraînent des excédents élevés d’éléments nutritifs sous la forme de lisier et d’ammoniac gazeux azoté. Ces excédents d’éléments nutritifs font défaut dans les pays producteurs de fourrage, et par conséquent à l’étranger de grandes quantités d’engrais chimiques doivent être fournies au sol.

Le gaz azoté ammoniac acidifie et surfertilise les sols, les forêts et les eaux. Cela est néfaste pour la biodiversité autant que pour le climat, charge les poumons des hommes avec des poussières fines et conduit à des concentrations excessives de nitrates dans l’eau potable. 95% des émissions d’ammoniac de toute la Suisse proviennent de l’agriculture – dont 90% de l’élevage. 1/3 des apports d’azote atmosphériques de Suisse proviennent des transports, de l’industrie et des ménages. 2/3 de ces apports proviennent des émissions d’ammoniac!

Que pouvons-nous faire?

Produire de la viande et des œufs là où pousse la nourriture pour les animaux, c’est ce qui est prévu par la nature! Avec l’affouragement et la fumure au même endroit, le cycle naturel est rétabli. Associé à la réduction des transports, cela permet d’éviter de nombreux problèmes environnementaux ou de réduire la pollution. Le besoin de transport est considérablement réduit car par ex. pour produire 1 kg de viande de bœuf, il faut 7 kg d’aliments pour animaux.

La Suisse peut également œuvrer pour que les producteurs étrangers respectent des normes de production aussi élevées qu’en Suisse. Le chemin pour cela est déjà tout tracé:

  • Aujourd’hui déjà la Conseil fédéral peut, pour des raisons relevant de la protection des animaux, soumettre l’importation, le transit et l’exportation d’animaux et de produits d’origine animale à certaines conditions, les limiter ou les interdire (14 LPA).
  • L’initiative pour la sécurité alimentaire lancée par l’Union suisse des paysans et acceptée en votation populaire, exige également que „des relations commerciales transfrontalières contribuent au développement durable de l’agriculture et du secteur agroalimentaire ainsi qu’à une production des denrées alimentaires adaptée aux conditions locales et utilisant les ressources de manière efficiente.» → Constitution
  • Migros promet à sa clientèle qu’à partir de 2020, seuls des produits d’origine animale répondant aux normes suisses en matière de protection des animaux seront importés. Et Coop s’engage également à ce que la viande importée provienne d’élevages d’animaux qui respectent au minimum la loi fédérale sur la protection des animaux.
Aujourd’hui, la production de lait et de viande dépasse la capacité de notre planète. Nous devrions adapter notre consommation de produits d’origine animale. Nous sommes sur la bonne voie car la consommation de viande diminue!

Cela correspond aussi aux recommandations de la Confédération  –  la meilleure base pour notre santé et notre sécurité alimentaire, pour le climat, l’eau et l’environnement.

Non. Des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices produisent déjà depuis des décennies des aliments conformément à l’initiative pour une eau potable propre – sans pesticides chimiques de synthèse toxiques.